Je me suis entretenu avec Ale Dee il y a quelques semaines et je dois vous admettre avoir eu un blanc TOTAL en débutant l’entrevue. Assez ordinaire merci…Néanmoins, le résultat fût des plus intéressants et nous montre une facette de l’artiste que vous ignoriez probablement…
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A few weeks ago, I had the opportunity to interview Ale Dee and I must admit that I had a COMPLETE memory lapse while starting the conversation. Kind of "not too nice"…The result though was very interesting and makes us discover a side of the artist that you probably didn’t know…
Tu sembles avoir pris beaucoup de maturité depuis tes deux derniers albums comparativement à tes premiers projets. Parles-nous de ton évolution en tant qu’artiste.
Au moment où j’ai commencé à écrire Entre la mine et le papier, j’ai appris que ma mère avait le cancer. Disons que ça a fait flipper la direction artistique, l’orientation du projet. C’est sûr qu’à la base on vieillit avec le temps, mais cet événement a été drastique pour moi. J’ai tout recommencé en déménageant à Montréal, où j’étais souvent seul avec moi-même vu que mes amis étaient tous à Trois-Rivières. On est porté à réfléchir pas mal plus dans ce temps-là. J’ai eu une période de remise en question : est-ce que je faisais ça pour les bonnes raisons? Est-ce que je le faisais de la bonne façon? Entre la mine et le papier était un album très introspectif et j’ai remarqué que ça venait chercher les gens. Les gens n’osent pas parler de choses plus émotionnelles et j’ai réalisé que parler de ça c’est vraiment moi. J’ai amélioré ma personne avec la musique et je souhaite continuer à le faire.
Est-ce que tu voulais aussi que ta musique vieillisse en même temps que tes fans qui, en majorité, ont commencé à t’écouter à un jeune âge?
J’te dirais que non, je ne fais pas ça en fonction des autres. Je ne suis pas du genre à faire quelque chose juste parce qu’il faudrait que je le fasse. Tant mieux si ça adonne de même, mais ça vient plus du fait que moi je vieillis, donc ma musique n’a pas le choix de vieillir aussi. Beaucoup d’artistes suivent la même formule depuis 10 ans et n’évoluent pas, alors que moi j’y vais au rythme de mon évolution au niveau personnel. Je suis beaucoup plus ouvert d’esprit que je l’étais avant, donc ça me donne des nouvelles influences qui viennent affecter mes chansons.
Je lisais justement que tu souhaitais toucher les gens, faire plus que juste suivre la tendance…
…avec mes deux derniers albums, je réalise vraiment le pouvoir des mots. La vérité, la franchise…les gens le sentent et rester vrai te suit à vie. Être cool, c’est cool, mais il y aura toujours un nouveau cool qui va te tasser. Les gens sont capables d’associer certaines paroles à des choses qu’ils ont vécues et ça, ça n’a pas de prix.
Entre ton 3e et ton plus récent album, il n’y a pratiquement qu’un an d’écart. Comment as-tu procéder à la création de 4 Minutes de gloire par rapport à Entre la mine et le papier?
Je voulais que 4 Minutes de gloire soit la suite logique d’Entre la mine et le papier au niveau de la direction artistique. C’est avec mon troisième album que j’ai vraiment trouvé comment je voulais faire ma musique et avec mon dernier album, j’ai simplement poursuivi dans cette lignée-là. C’est surtout au niveau musical que j’ai voulu essayer de nouvelles choses. J’ai adoré mon expérience avec le rock, la guit’, le live drum. J’ai aussi vu que les gens aimaient ça. Tu vois, le prochain album il va y en avoir encore plus. Encore-là, je ne le fais pas pour plaire, mais plutôt parce que mes goûts à moi s’enlignent vers ça..Le live band, l’énergie qui vient avec…de la vraie musique! Ma façon de changer le monde, c’est en me changeant moi-même. Le prochain album va en être un bel exemple où le rock va être beaucoup plus présent, tout en gardant les textes qui traitent de sujets sérieux.
Donc les fans d’Ale Dee ne seront pas déstabilisés…
…non, du tout. Tu vois, mes fans me suivent beaucoup…j’ai des crisses de bons fans. Ils évoluent avec ma musique. En même temps, ma musique évolue également avec eux.
Ton album s’appelle 4 minutes de Gloire. Qu’est-ce que ça représente pour toi? Quel est le concept de l’album?
Le concept…en fait c’est la première chanson que j’ai écrite. 4 minutes c’est généralement la durée d’une chanson, peu importe son genre musical. Peut-être un peu moins, mais je n’étais pas pour appeler la chanson 3minutes47… (Rires). Nous en tant qu’artistes, le moment où on vit, notre moment de gloire, c’est durant les 4 minutes de cette chanson, pendant qu’on l’écrit, qu’on l’enregistre, qu’on la performe. Je vous présente ici l’envers de la médaille. Les gens pensent que je n’ai pas de problème, que je suis riche…j’ai voulu montrer à travers quoi il a fallu que je passe. Même si je ne suis pas où je voudrais, j’ai quand même évolué et je suis dans une bonne situation. Donc, je voulais montrer qu’est-ce que ça prend pour arriver à tes fins, à quoi doit-on s’attendre pour avoir cette gloire-là.
Tes deux derniers albums sont sortis sous l’étiquette HLM, suite à ton départ de K-Pone inc. Parles-nous un peu de la différence entre les deux maisons de disques. Qu’est-ce que tu retrouves chez HLM que tu n’avais pas chez K-Pone?
Premièrement je crois qu’un major, au Québec, dans le rap, ça ne sert à rien. C’est un marché tellement difficile. C’est mieux d’avoir un plus petit label, mais qui connaît bien la scène, les personnes à contacter. Un major va faire un travail de masse, envoyer notre stock partout, sans nécessairement faire de suivi. À l’opposé, l’indépendant sait qui aller voir, va remettre le tout en mains propres. Les dirigeants des majors sont déconnectés de la réalité de notre rap et n’adhèrent pas au côté rebelle de la culture Hip Hop. Les indépendants, eux, ont les deux pieds dans l’information et savent où aller et comment procéder
Tu parlais de rock plus tôt, on ne peut donc pas passer à côté de ta collaboration avec Jean-François Dubé de Noir Silence. Comment s’est-il retrouvé sur ton album?
Dans le temps, Noir Silence avait une chanson qui s’appelait On jase de toi, qui marchait beaucoup à la radio. Elle m’a marqué et un moment donné où j’étais sur Youtube, j’ai eu le goût de reprendre quelque chose, de me lancer un nouveau défi. Cette chanson-là était parfaite pour ce que je voulais faire. On est entré en négociations avec leur maison d’édition, pour acheter les droits de la chanson. On semblait avoir de la misère, les négociations n’allaient nulle part. En même temps, moi j’étais déjà en contact avec J-F et je lui ai proposé de créer une nouvelle chanson, en attendant que le dossier des droits se règle. Ma partie était déjà enregistrée et je trouvais que cette chanson fittait parfaitement avec sa voix, qui accompagnait bien la douleur qui sortait du track. Il a vraiment trippé, car c’était du nouveau pour lui en tant que musicien. Il était content de venir dans mon monde.
En terminant, ton plus récent vidéoclip est en rotation sur les ondes de Musique Plus. À quoi les fans peuvent s’attendre prochainement de la part d’Ale Dee?
Le prochain single sort très bientôt. J’ai une série de spectacles qui s’en viennnent également. Allez voir sur le site aledee.com ou la page officielle sur Facebook, toutes les informations s’y retrouvent. J’ai également commencé à enregistré mon prochain album il y a quelques semaines déjà. Celui-là va probablement sortir au printemps prochain. Sinon c’est beaucoup de préparation pour les shows, qui seront avec un live band complet. Ne manquez pas ça!
