ENTREVUE AVEC MILITANT

Posted: 4 décembre 2011 in Non classé

En fin de semaine dernière, j’ai eu la chance de rencontrer le nouvel arrivant chez Silence d’Or, à son domicile de Brossard. Cliquez sur le lien ci-bas pour lire l’entrevue. Je vous rappelle que son street album Un Contre Tous, Tous Contre Un, est disponible sur la shopzone de HHQC.

Last weekend, I had the opportunity to meet the newest member of Silence d’Or, at his home in Brossard. Click on the link below to read the interview. Make sure to cop his street album Un Contre Tous, Tous Contre Un, available on HHQC‘s shopzone.

lehiphopcafe.com : Tu as fait un bon petit bout de chemin à travers la scène de Hip Hop québécois. Tu as passé à travers T-Rap-I Records, Full Ekwip (avec qui tu es toujours) et maintenant une association avec Silence d’Or. Décris-nous le cheminement de Militant à travers toutes ces étapes en tant qu’artiste.

Militant : Bon. À la base, on doit remonter très loin, mes premiers textes ont été écrits à 14 ans. J’ai commencé à enregistrer mes premiers tracks avec le tapedeck et tout ça, à 15 ans, donc je faisais mes trucs . Dans ce temps-là, il y a 10-11 ans, je travaillais avec des gars qui s’appelaient The Antagonists, dans le temps de Hip Hop Non Stop. J’ai commencé avec eux, c’était un peu mes mentors. Ils m’ont amené aux premiers studios, m’ont encouragé à poursuivre l’écriture. Ils ont pris une autre direction et moi j’ai poursuivi ma lancée (seul de la clique à faire), ayant déjà collaboré avec des gars comme Ruffneck, sur la compilation Bombeat.

lehiphopcafe.com : Les gens prenaient conscience de ton talent à ce moment-là

Militant : Exactement. Écoute, j’avais 16-17 ans et je faisais des shows dans des places 18 ans et plus. J’ai toujours eu du monde plus vieux dans mon entourage qui voyaient mon potentiel et qui ont voulu m’aider là-dedans en me donnant des beats, des possibilités d’enregistrer, etc… Donc, j’ai cheminé comme ça. Par la suite, j’ai fais quelques featurings avec UYO pour son album L’Actualité qui est sorti en 2001. C’est à partir de là que j’ai commencé à le côtoyer, lui qui est connu aussi sous le nom de EFF et Fredy Bravo en tant que producteur. On a ensuite ajouté Craze, un artiste anglophone polonais. De là est né T-RAP-I records, la compagnie de disques d’Eff à ce moment-là en 2003. En 2004, on a chacun sorti un maxi distribué en magasin, le mien étant Enfer Paradisiaque…

lehiphopcafe.com: …qui a connu un certain succès

Militant : Oui. J’entends encore parlé aujourd’hui du track Enfer Paradisiaque. Beaucoup de gens m’ont connu grâce à cette chanson. En 2005-2006, j’ai pris l’initiative de sortir deux compilations qui s’appellent Invasion Lyricale. Le but à ce moment-là était de connecter avec le reste de la scène, pour que les choses se concrétisent. On a besoin d’unité dans le mouvement et plus tu as contacts, plus tu as de chances que les portes s’ouvrent. C’était également une sélection de ce que moi j’aimais à l’époque. Ça m’a permit de collaborer pour la première fois avec Yvon Krevé, d’avoir des gens comme Ray Ray, Stratège, Cyrus, sur le projet. Même Bad News Brown m’avait donné un gros exclusif…

lehiphopcafe.com : Rest in peace…

Militant : Yeah, exactement.

lehiphopcafe.com : Donc ce projet-là t’a ouvert énormément de portes.

Militant : Définitivement. À un point où ce n’était plus moi qui approchait les gens, mais plutôt eux qui me contactaient pour des featurings. Un autre projet qui a été bon pour nous c’est la compilation La Rive-Sud de Montréal, toujours avec T-Rap-I records, qui regroupait tout l’entourage dont Crooks, Benjamin Franklin, 1Étranj, Yvon Krevé, Rainmen. C’était vraiment pour donner de l’exposure à la Rive-Sud. Beaucoup de gens ne savent pas qu’il y a tant d’artistes qui viennent d’ici.

lehiphopcafe.com : Je crois que même où tu es rendu aujourd’hui, depuis tout ce temps-là, c’est un point que tu n’as jamais cessé de mentionner dans tes tracks.

Militant : Exact. La Rive-Sud, c’est toujours quelque chose que j’ai rep à fond. J’ai même fait des T-Shirts de la 132, l’autoroute.

lehiphopcafe.com : Des casquettes aussi.

Militant : Yes. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu rep.

lehiphopcafe.com : Et ça continue avec Full Ekwip maintenant.

Militant : Exactement. Le lien est là, tu l’as bien dit. En 2008, j’ai fini par sortir À Contre Courant. Un très gros mixtape avec beaucoup de collaborations et ce fût le dernier projet avec T-Rap-I. Sur ce projet, on retrouve une collaboration avec Full Ekwip. Ils m’ont par la suite invité sur leur premier track officiel, Aux Yeux des Autres. Un gros track qui a connu un bon succès sur le Web. Kasper je le connaîs depuis longtemps, en fait depuis le secondaire où on fréquentait la même école, Antoine-Brossard. Il avait déjà une grande gueule, à 15 ans (rire)

lehiphopcafe.com: (rire)

Militant : Cela a facilité ma décision de me joindre à eux en 2008. Les gars de T-Rap-I ont pris d’autres chemins, Fredy Bravo se concentrait sur la production et Craze voulait se concentrer sur la scène anglophone et polonaise. En Pologne, à 38 millions d’habitants, les MCs vivent du Hip Hop et il cherchait à y faire son nom. J’étais redevenu seul si on veut, mais je crois qu’il est important d’avoir un point de ralliement, des gens sur qui compter, une équipe qui t’appuie. Concours de circonstances : l’association est arrivée en même temps que le départ de Rocma. Beaucoup de gens croyaient que c’était relié, mais il est parti pour des raisons qui n’ont absolument rien à voir avec la musique. En deux ans, on a sorti l’album FullEkwip.com et 2 mixtapes d’archives. Aujourd’hui, chacun travaille sur ses projets solos. Il faut comprendre que Full Ekwip est un collectif et non pas un label.

lehiphopcafe.com : C’est vrai qu’on a tendance à penser que c’est un label, alors que ce n’est pas du tout le cas.

Militant : Non. C’est un collectif, donc si Kasper a le goût de sortir son album avec HLM (par exemple), il le sort avec HLM. C’est la même chose pour Sphynx et pour moi avec Silence d’Or. Je travaille actuellement sur l’album et c’est pourquoi on a sorti le street album Un Contre Tous, Tous Contre Un, comme outil promotionnel pour le projet officiel.

lehiphopcafe.com : Justement, Un Contre Tous, Tous Contre Un, c’est toi qui part contre la scène, tu rentres dans la scène pour avoir ton shine en solo.

Militant : Excatement, c’est bien dit. Le titre a été déterminé un peu pour ce que tu viens de dire, mais aussi pour moi, je crois que ce dicton s’applique dans la vie de tous les jours , dans beaucoup de sphères de la société, dans différentes classes sociales. Un jour ou l’autre on va tous se regarder dans le miroir et se dire…

lehiphopcafe.com : …Me against the world, comme dirait ‘Pac

Militant: Me against the world, comme on pourrait dire. Ça devient du « chacun pour soi ». Personne d’autre que moi va payer mon loyer, tu comprends ce que je veux dire ? Plus jeune j’ai été en Centre d’Accueil et tu te sens vraiment comme si tu devais te démerder contre tout le monde, comme si tous ces gens luttaient contre toi. En plus, le rap est un milieu très compétitif. Un Contre Tous, Tous Contre s’applique encore ici.

lehiphopcafe.com : Excellent. Maintenant, en 2011 presqu’en 2012, où penses-tu que tu te situe face à cette scène dans laquelle tu te jettes ?

Militant : Où est-ce que je pense que je me situe…Écoutes. À 14-15 ans, j’avais des discussions avec mes amis à propos des groupes au top à ce moment-là : Muzion, Sans Pression, Rainmen,… Je disais à la blague qu’un jour j’allais collaborer avec ces mêmes artistes. Que mon nom allait être connu. Dix ans plus tard, je pense que c’est mission accomplie. Comme je disais, c’est maintenant eux qui me contactent pour collaborer. Également, il manque un filtre pour tout ce qui se fait dans le Hip Hop québécois. Des gens qui arrivent de nulle part et qui sortent un produit tout croche côtoient ceux qui ont payé leurs dues et qui livrent une marchandise de qualité depuis des années. Ce phénomène me fait chier. Aussi pour les gens qui viennent d’ailleurs et qui se demande ce qui se fait de bon chez nous. Ils vont sur les sites d’ici et découvrent notre numéro 1, le gars qui se fait supporter par tous ses amis mais qu’en réalité n’a pas de talent ou du moins ne l’a pas assez travaillé. Moi c’est ça que je n’aime pas. Maintenant, pour répondre à ta question, j’ai acquis une certaine notoriété dans la scène et j’ai atteins plusieurs de mes objectifs. Pour moi, c’est ça le plus important.

lehiphopcafe.com : On parlait de Silence d’Or tout à l’heure. Explique-nous comment cette situation a aboutie.

Militant : Suite à la sortie de l’album FullEkwip.com, on a fait une tournée vraiment partout à travers le Québec : Sept-Îles, Rouyn, la Rive-Sud, etc…Une fois que la poussière à retombé, j’ai recommencé à penser à mes projets solos. Full Ekwip n’étant pas une maison de disques, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs compagnies, dont une certaine avec qui les choses ont failli se passer. Pour certaines raisons le tout ne s’est pas concrétisé, mais ça m’a permis de commencer des pourparlers avec Silence d’Or. Nous avons conclu une bonne entente qui faisait l’affaire des deux parties. Je trouve l’équipe très professionnelle et elle est excellente : on parle de Dirty Taz, Soke, Jungle Music (Farfadet et Rymz), Shash’u, Karma…

lehiphopcafe.com : Tu es donc très bien entouré

Militant : Exactement. En plus, ce qui fait la force de ce label, c’est vraiment l’esprit d’équipe. Chacun travaille dans le même sens. Si c’est le temps de push Jungle Music par exemple, on va tous push Jungle Music. J’avais côtoyé le propriétaire de Silence d’Or par l’entremise du projet de compilation de HHQC. Je le connaissais donc déjà. Tout s’était bien passé lors de notre travail donc je suis content que ça se poursuive avec eux. On a tous les éléments en mains pour sortir un bon album solo sous Silence d’Or, avec tout l’exposure que j’aurais voulu.

lehiphopcafe.com : Excellent. C’est drôle parce qu’Un Contre Tous, Tous Contre Un décrit quelqu’un qui part seul dans une scène abondante déjà, mais tu y vas en même temps avec une excellente équipe à tous les niveaux. Est-ce qu’à un moment donné, tu t’es demandé si ça allait être un bon move étant donné le nombre d’artistes déjà présents sur le label ? T’es-tu demandé si ces gens allaient avoir le temps de s’occuper de toi et de tes projets ?

Militant : C’est une excellente question. En fait oui. Je sais qu’il y a beaucoup d’artistes sur le label. C’est d’ailleurs un des points importants qui a été discuté lors des négociations. En même temps, comme je le disais, quand c’est au tour d’un artiste d’avoir un projet, tous les autres mettent leurs priorités sur le projet en question. C’est vraiment un travail d’équipe dans toutes les sphères du label et c’est une des choses qui m’a attiré chez Silence d’Or.

lehiphopcafe.com : En terminant Militant, à quoi les gens peuvent s’attendre avec ton street album Un Contre Tous, Tous Contre Un ?

Militant : Toujours le bon vieux Militant, j’ai pas changé du tout. Une bonne dose de textes réfléchis avec des gros sons, une production pesante. Que d’la qualité quoi !?

lehiphopcafe.com : Eh voilà ! Un gros merci d’avoir pris de ton temps pour répondre à quelques questions.

Militant : Merci à toi !

Le street album Un Contre Tous, Tous Contre Un est disponible sur la shopzone de HHQC

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